Géographie
Occupant plus du double de la superficie de la France, l’Angola est formé d’un haut plateau, relativement arrosé et couvert de savanes, qui domine une étroite plaine côtière aride. La guerre civile, liée partiellement aux rivalités ethniques, a désorganisé une économie dont la richesse du sous-sol (diamants, fer et surtout pétrole) est l’atout essentiel. L’agriculture (manioc et maïs, café) et l’élevage occupent toujours la majeure partie de la population, sans assurer l’autosuffisance alimentaire. Le pays accuse une forte distorsion entre un potentiel qui suscite l’intérêt croissant des investisseurs étrangers et une pauvreté et des inégalités
Le milieu naturel
Le relief
Une plaine côtière, presque entièrement constituée de sédiments crétacés, tertiaires et quaternaires, s’étend le long des rivages de l’Atlantique sur une largeur irrégulière qui n’excède nulle part 150 km. La côte est basse, sableuse, avec de nombreuses flèches de sable dirigées vers le nord, enserrant des lagunes ouvertes souvent profondes.
Le passage aux plateaux cristallins de l’intérieur se fait par un escarpement généralement brutal, de 800 m de moyenne de hauteur, décomposé par endroits en plusieurs paliers. Une fois cet escarpement franchi, on accède au vieux socle précambrien, fait de vastes aplanissements dans des granités, des gneiss ou parfois des grès, qui couvrent la plus grande partie du pays, entre 1 000 et 2 000 m d’altitude. Ici et là se dressent des reliefs résiduels en inselbergs dans les roches les plus dures, granités ou quartzites. Ce socle forme à l’ouest un bourrelet montagneux culminant au Moro Moco (2 620 m). Il s’abaisse vers le nord-est (bassin du Kasaï) et le sud-est (bassins du Zambèze et de l’Okavango) où il s’enfonce sous des couches gréseuses.
Le climat et la végétation
Le climat de la région côtière, chaud et humide au nord (800 mm à 1 m de pluies dans l’année), devient subdésertique vers le sud (400 mm à Luanda, 233 mm à Lobito, 50 mm à Moçâmedes) : les eaux froides du courant de Benguela assèchent et refroidissent l’atmosphère littorale. Dans le Nord, on note des traits encore équatoriaux, avec des températures moyennes supérieures à 24 °C sur la côte. C’est le domaine de la forêt pluviale, généralement dégradée en savanes humides ou présentant un paysage de parc. Les cordons littoraux, en arrière desquels s’étendent des mangroves, portent des cocoteraies. Entre Luanda et Benguela, la moyenne annuelle des températures diminue (22 °C), en même temps que la pluviosité (entre 250 et 500 mm). La végétation naturelle est une savane de plus en plus sèche à acacias et à baobabs ou un bush. Au sud de Benguela, c’est la transition vers le désert du Namib (température moyenne annuelle de 20 °C ; moins de 250 mm de pluies). Dans l’extrême Sud, autour de Moçâmedes, la végétation se limite à des touffes éparses, et le fleuve Cunene est à sec la plus grande partie de l’année. Les hautes terres de l’intérieur reçoivent des précipitations estivales importantes (moyennes annuelles entre 800 et 1 800 mm) et ne présentent donc nulle part l’aridité de la côte méridionale, même si les plateaux du Sud connaissent une saison sèche, ou cacimbo, bien marquée de quatre mois, de juin à septembre.
La population
Estimée à 18 millions d’habitants en 2009, la population angolaise, très inégalement répartie sur l’ensemble du territoire, reste rurale à près de 60 %, malgré l’essor de l’urbanisation au cours de la guerre civile, durant laquelle près du tiers des Angolais ont été déplacés ou ont cherché refuge dans les villes côtières. La capitale, Luanda, compte, à elle seule, plus de 4 millions d’habitants dans l’agglomération. Jeune (près de la moitié des habitants sont âgés de moins de 15 ans), cette population connaît une croissance annuelle de près de 3 %. Les taux de natalité (49 ‰), de mortalité (22 ‰) et de mortalité infantile (117 ‰) restent extrêmement élevés, de même que l’indice de fécondité (près de 7 enfants par femme). L’espérance de vie à la naissance n’est que de 41 ans (39 ans pour les hommes, 43 pour les femmes). Le taux d’analphabétisme est proche de 60 %.
Diverse sur le plan ethnique et linguistique, la population angolaise est généralement de souche africaine, hormis 10 % de métis et 1 % d’habitants d’origine européenne – souvent portugaise – ou asiatique. Bantous pour la plupart, les groupes ethniques les plus importants sont les Ovimbundus (37 % de la population), plutôt concentrés dans le centre du pays, les Kimbundus (25 %), sur la plaine côtière, et les Kikongos (13 %), au nord, dans les régions frontalières avec les deux Congo. Le portugais est bien la langue officielle, mais il n’est parlé couramment que par une minorité de la population, essentiellement les élites politique, administrative et culturelle.
L’économie
Si le pays dispose de ressources minières importantes, l’économie et la société angolaises ont considérablement souffert de la guerre civile, à l’image du secteur agricole (cultures, élevage) et des réseaux de transport ferroviaire et routier. L’agriculture occupe plus des deux tiers de la population active mais ne représente que 7 % du produit intérieur brut (PIB). Elle est encore loin d’assurer l’autosuffisance alimentaire. Touchées par la guerre, les principales ressources agricoles proviennent de la culture de la canne à sucre, du café et du coton, en net recul. Hormis l’industrie pétrolière, le secteur secondaire, qui n’emploie que 10 % de la population active, est peu développé. La richesse de l’Angola se trouve principalement dans son sous-sol, mais aussi au large de ses côtes : en effet, des investigations récentes ont révélé le potentiel considérable des fonds marins angolais en matière de réserves pétrolières. Le pétrole (enclave de Cabinda, région de Luanda, zones de forage offshore) constitue donc la principale richesse nationale : il représente près de 90 % des exportations et procure 60 % des recettes du gouvernement. L’Angola est le deuxième pays producteur de pétrole d’Afrique, derrière le Nigeria, qu’il devance parfois lorsque les troubles au Nigeria limite la production. Parmi les autres sources de revenus figurent les diamants (les gisements du Nord-Est sont passés sous le contrôle de l’Unita) et le fer, exploité dans le sud du pays.
La transition libérale amorcée au début des années 1990 est loin d’avoir transformé l’économie angolaise en une véritable économie de marché. L’interminable guerre civile et la paix précaire qui lui a succédé ont largement contribué à généraliser et à pérenniser une économie de détournement et de dépendance clientéliste, le plus souvent à base ethnique. L’aggravation de la misère et des inégalités, la dépendance accrue à l’égard de l’aide internationale alimentent une crise sociale préoccupante, marquée par un développement très rapide de la criminalité et une forte insécurité. En revanche, les énormes réserves pétrolières et, dans une moindre mesure, les ressources diamantifères confèrent à l’Angola un potentiel géo-économique qui suscite l’intérêt croissant de nombreuses puissances (États-Unis, France, Chine).
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